Hommage à Frida Kahlo, ces expérimentations explorent la continuité entre le dessin au feutre, les reliefs intermédiaires (2,5D) et la sculpture tridimensionnelle réalisée au stylo 3D en PLA. Les lignes, d'abord tracées au feutre Pigma Micron, mutent progressivement en matière et volume, transformant le portrait en une structure légère où le dessin, la lumière et l'espace dialoguent. Dans cette mini série, les lignes ne constituent pas uniquement un procédé graphique : elles organisent la perception du visage, révèlent les volumes, guident l'expressivité et participent à la construction de l'identité du portrait.
Portraits
Ma démarche actuelle fait écho à mes premiers travaux de recherche menés durant ma thèse en modélisation géométrique, notamment à l'article présenté à Shape Modeling International consacré aux lignes de caractère. J'étudiais alors comment ces lignes influencent la perception des formes. Elles me permettaient de manipuler, soit en déformant certaines caractéristiques, soit en comblant une géométrie incomplète.
Dans ma pratique récente, ces lignes ne servent plus uniquement à représenter une forme : elles deviennent la forme elle-même. Réalisées au stylo 3D, elles conservent les irrégularités du geste et la mémoire du matériau en fusion. Chaque coulure de filament porte la trace du mouvement qui l'a produit, transformant le dessin en un volume où le geste reste perceptible dans ses imperfections.
Cette réflexion se prolonge aujourd'hui dans mes travaux de recherche-création. Les lignes ne sont plus seulement des éléments de représentation, mais également des supports d'interaction. Dans VRun, par exemple, elles deviennent un médium avec lequel le participant agit : dessiner, modifier ou prolonger une ligne revient à transformer l'œuvre et l'expérience elle-même. La ligne n'est plus seulement perçue, elle est vécue.
Ces masques en argile ont été réalisés lors d'un stage de modelage à l'École Supérieure d'Art et de Design (ESAD) sous la direction de l'artiste Fanny Fresne.